Voici le compte rendu d'Olivier Turon avec qui DDSconcept est partenaire pour le soutenir lors de ces courses au profit de 005-DSC_6996l'association étoile des neiges.
Pour suivre toutes ces courses et en apprendre un peu plus sur ce coureur au grand coeur: www.suivresonetoile.perso.sfr.fr/

"Tous les ingrédients étaient réunis ce samedi 5 mai au matin sur les hauteurs de Voglan pour offrir aux trailers et spectateurs une belle course de 51 kms et 2700 mètres de dénivelés pour cette 3ème manche du TTN Long 2012.

Après une nuit très orageuse, le temps était encore tellement pluvieux avec des nuages accrochés aux reliefs lors de mon échauffement que je me demandais si le port des manchettes était judicieux ou pas ? Surtout qu'au sommet du Nivolet il risquerait de faire frisquet avec, par endroit sur le parcours, la présence de neige. Je retrouve Manu, un ami, qui a aussi fait le déplacement... On papote, on papote, à en oublier le départ... On rentre parmi le gros du peloton où sont contrôles nos sacs et nos puces activées. Nous arrivons tant bien que mal à nous glisser tous les 2 aux avants postes pour le départ. Les favoris des différents teams sont déjà là avec les outsiders locaux. La meute est lâchée avec un petit ¼ d'heure de retard. Nous empruntons d'entrée de jeu une forte pente qui nous conduira jusqu'au haut de Voglan. Premier juge de paix, le peloton est déjà bien éclaté et les favoris devant. Pour ma part, petite montée prudente, je dois être dans les 20 premiers et cela va tout de même très vite. Une grande descente et de grandes portions de faux plats montant se succéderont. Des piste agricoles jonchées d'énormes flaques d'eau nous obligent à évoluer en file indienne pour pouvoir passer. On a l'impression de vivre une étape du tour de France lors de bordures. Le rythme est soutenu... Km 5 : arrivée au Fournet. C'est maintenant que les difficultés commencent.
Le début du Malpassant avec ses 600 mètres de dénivelés sur seulement 3kms. Ludo Pommeret qui avait décidé de partir doucement me double à ce moment (toujours aussi facile, on dirait qu'il vole avec ses Hoka). Deux autre gars respectivement du team altec sport et running conseil me doublent aussi. Je ne m'emballe pas... Pour avoir reconnu la côte, je sais qu'il faut en laisser sous les semelles. Je les garde en point de mire et continu mon ascension. Succession de forets, nous arrivons au niveau de la main courante, à ce stade, il reste 1 km avant d'arriver au sommet. J'arrive au sommet du Malpassant en 1h00 tout pile... Le temps de boire un coup, je me dépêche pour prendre la descente qui nous conduira à Pragondran pour le premier ravito. Je descends bien, j'ai bien géré jusque là ! Arrivé en 1h08 au premier ravito, je remplis ma 2ème gourde et fait l'appoint avec la première (il va finalement faire chaud!). Le soleil chasse les nuages du matin et les températures augmentent. Je ne vais pas oublié de bien me réhydrater ! Sitôt le ravito passé, nous empruntons une longue montée de 3 kms (2nde grosse difficulté) jusqu'à prés sous la croix (alt 1530m). 500 mètre en 3kms, le compte est bon !!! Puis nous prenons une descente très technique, avec beaucoup de pierre, qui me ralentie beaucoup sur 2kms. Tiens, on dirait que l'on redescend beaucoup ! Je ne connaissais pas ce secteur... On redescend tellement que j'ai même cru, à un moment, m'être perdu car personne ni devant, ni derrière. Je passe donc la ferme du Nivolet puis la superbe cascade de la Doria. La vue est sublime et le cadre idyllique avec cette cascade et le chant de l'eau...
D'ici, nous allons connaître la 3ème grosse difficulté de la course avec la montée de la Croix du Nivolet avec ses 600 mètres de dénivelés sur 4 kms. Je ne gère pas trop mal la montée, j'arrive même à remonter quelques gars et à revenir sur Jean-Paul BOLLE et le coureur du team altec sport. Je retrouve ici un peu un « second souffle », peut être grâce à la récupération lors de la descente. Ça monte bien mais plus régulier que lors des deux premières montées. Arrivé au sommet, à la Croix du Nivolet, le panorama est splendide (vue sur le Bourget du lac, Aix les bains et Chambéry). Des supporters sont là, ils nous encouragent et ça fait du bien ! J'amorce la descente pour reprendre une courte côte qui nous conduit au point culminant de la course : Le Sire (alt 1558 mètres). Dès lors, je ne cesse de doubler du monde. Je retrouve les jambes, peut être car je sais que les grosses difficultés sont maintenant derrière nous et que les 30 derniers kms sont plus roulants. Je descends très vite passant les paysages dans la neige sans problème (la neige porte bien!). Petite aparté : merci aux organisateurs pour le travail effectué tout le long du parcours...

Arrivé à la Féclaz, je retrouve « ma Nina » qui, comme toujours, est là pour la logistique, les photos et surtout le soutien moral. Je remplis mes 2 bidons, prends 2 pates de fruits et repars très vite. La portion entre la Féclaz et le Revard est assez roulante, on emprunte, pour une bonne partie, des domaines nordiques. Le rythme est bon, on traverse les près où les croquis pointent leur nez. Ceci dit, des portions de neiges nous ralentissent mais bon voilà, le Revard est en point de mire ! Une bonne côte et nous y sommes. Petit passage par le Belvédère, histoire d'en prendre encore plein les mirettes... Que dire de plus ? Cette région est particulièrement belle ! Il ne reste plus que 20 bornes et on sera arrivé !!!
La fin de la course se déroulera uniquement sur de la descente (avec une « bonne » côte à 2 kms de l'arrivée. A ce stade de la course, je pointe entre la 32ème et la 36ème place. Je retrouve une dernière fois Nina avant de m'engouffrer dans le sentier du Pertuiset. La première partie est un peu technique, la seconde plus roulante. Aie !!! Des douleurs aux genoux apparaissent !!! Douleurs lancinantes qui m'empêchent d'aborder sereinement la descente... J'arrive donc au pied du Pertuiset dans la douleur. Je ne m'arrête pas au ravito, je continu... Bien, à ce stade, la positif est que personne n'est revenu sur moi ; le négatif est que j'ai perdu du temps sur la descente et que les genoux m'inquiètent. Le sentier vallonné qui nous conduit à Méry me sera fatal !!! Les genoux grincent, et la boue récoltée sur le Malpassant m’oblige à marcher même sur le plat... Non pas que le grip de mes ascends était mauvais mais chaque torsion des genoux me fait mal et le terrain ressemble plus à un terrain de motocross après une compète...
Je manque de jus et j'ai très mal aux genoux. J'arrive finalement à Méry ou je squize le ravito d'eau pour tenter de venir à bout des 5 derniers kms comme je peux. Même sur le plat (que d'habitude j'affectionne) je n'avance plus ! Beaucoup de gars me doublent et m'encourage pour suivre leurs foulées... Je ne peux plus... La dernière côte sera dure, trop dure ! Arrivé au sommet, je vois une panneau « arrivée, 1km ». J'amorce la descente vers la salle polyvalente, que l'on voit au loin, dans un dernier baroude d'honneur en doublant un ou deux concurrents. Le temps de sortir le drapeau Étoiles des Neiges et je franchis la ligne d'arrivée en 5h41min pour une 41ème place. Une grosse et tendre pensée pour les enfants qui tout au long du parcours, malgré mes petits bobos, m'ont permis de relativiser et surmonter ces petites choses qui finalement n'étaient rien ! Bravo à eux pour leur combat quotidien. A l'arrivée, l'accueil de Nina, la douche et la tartiflette me permettront de récupérer vite en attendant Manu qui réussit l'exploit de finir cette course exigeante en 6h53min. Bravo à lui et à tous les concurrents !!!"
 

Sportivement,

OLIVIER